Le Tréport

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Histoire de la Ville

Vers 859, Le Tréport voit le débarquement des Normands. Au Xe siècle Rollon s’installe dans la région et y meurt. Au XIe siècle, Le comte d’Eu, Robert, fonde l'abbaye Saint-Michel de l'ordre de Saint-Benoît, qui est similaire à l'abbaye du Mont-Saint-Michel. À la même époque, Robert Courteheuse, fils de Guillaume le Conquérant, part disputer le trône d'Angleterre à son frère, mais il est vaincu. Vers 1101, Henri 1er, comte d'Eu, détourne le cours de la Bresle.  Le port s'ensable et cette erreur fait perdre à la commune sa suprématie sur le port de Dieppe. En 1339, les Anglais incendient la ville.

En 1460, le comte d'Eu, Charles d'Artois, fait creuser le canal qui porte son nom entre Eu et Le Tréport. Celui-ci est utilisé pendant deux cents ans. En 1513 et 1545, Le Tréport subit de nouveau les assauts des Anglais. François 1er de Clèves, comte d'Eu, fait alors construire une grosse tour en grès pour assurer la défense de la ville. Aujourd'hui, il ne reste plus que la voûte de l'ancien hôtel de ville. Il fait creuser un bassin et bâtir des jetées, rapidement envahies par les galets.
Vers 1770, le duc de Penthièvre fait enlever les galets qui envahissent le port et ordonne la construction de l'écluse de chasse, qui est réalisée en 1776 par l'ingénieur Lamblardie.

Village de pêcheurs, le Tréport est avant tout tourné vers la mer. A la veille de la Révolution, sa proximité avec Paris lui vaut de participer à l'approvisionnement de la capitale en poissons au même titre que Dieppe. Les chasse-marées rejoignent alors le boulevard Poissonnière.
 
Sous Louis-Philippe, le creusement et l'agrandissement du chenal améliorent encore le port. C'est lui qui lance définitivement les plaisirs de la plage en y faisant construire la première villa. Il y reçoit, en 1843 et 1845, la reine Victoria d'Angleterre. Il fait de la région sa résidence secondaire.
Pendant la première Guerre mondiale, un hôpital militaire anglais est installé dans le prestigieux Hôtel Trianon, qui sera rasé par les troupes allemandes en 1942, et le port connaît une activité considérable. Le Tréport subit l'occupation allemande du 10 juin 1940 au 1 septembre 1944. A cette date, tout le front de mer est détruit et la ville se voit décerner la croix de guerre.
Port de cabotage tourné vers l'Angleterre et vers la mer du Nord, c'est aussi un port de pêche actif qui compte dans ses rangs de nombreux marins laborieux. Dès 1869, le port dispose d'un canot de sauvetage d'origine anglaise qui est suppléé lorsque la Société centrale de sauvetage des naufragés y implante une station en 1884. Depuis plus d'un siècle, la tradition du sauvetage en mer se perpétue au Tréport. Les canots à avirons ont cédé la place à des unités plus modernes; il faut pourtant aux équipages qui les montent le même courage, la même détermination pour affronter les colères de la Manche.

 


 
Vous trouverez ci-dessous (au format pdf) des articles historiques publiés dans le bulletin municipal :
 

 

Le Tréport au XIXe siècle à travers l’œuvre de Jules Noël

 

 

La ville du Tréport possède l’œuvre intitulée « le Marché aux poissons au Tréport », sans doute celle qui dépeint le plus admirablement la vie sociale de l’époque. On retrouve à proximité du port, les marchands de poissons mais aussi des groupes de personnes en pleine discussion, les maisons situées sur le quai et l’église Saint-Jacques en arrière plan. Preuve, s’il en faut, que l’organisation sociale tournait essentiellement autour de la vie maritime à cette époque. La scène de calfatage (« bateau au calfatage au Tréport », 1870), les quais du port (« Le Tréport, les quais»,  1878), les navires dans le port (« Bateaux au Tréport », vers 1879) sont autant de descriptifs du paysage maritime permettant de montrer l’atmosphère du moment.
 
Au Tréport, peut-être plus qu’ailleurs, le peintre utilise les aléas de la météorologie pour parfaire ses paysages : les couleurs et la luminosité normandes si particulières accentuent et mettent en valeur certains éléments plus singuliers de la vie urbaine.
 
Au total, une douzaine d’œuvres permettent d’appréhender la région tréportaise de l’époque.
 
 Jules Noël, peintre breton par adoption de la fin du XIXe siècle, a fait en 2005 l’objet d’une rétrospective à Quimper puis à Dieppe (au château-musée). Ville normande la plus représentée dans l’œuvre de Jules Noël, Le Tréport inspire le peintre mariniste de 1866 à 1879. Tous les points vues sont utilisés : la vallée de la Bresle, la plage, le port, les falaises, la vie balnéaire. Le belvédère des falaises est le point le plus monumental permettant d’apercevoir à la fois une scène balnéaire et la vie maritime quotidienne. Dans la toile intitulée « coup de vent au Tréport », le peintre nous montre les cabines de plage et un groupe de promeneurs (avec longue vue à la main) bousculé par le vent. A l’époque ces personnes au bord de mer constituaient l’exception, puisque la démocratisation des congés payés n’était pas encore au goût du jour.